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Recherche & Développement

Feb 27, 2012

Isolement en psychiatrie

Aujourd’hui, la simple évocation de l’hôpital psychiatrique est encore associée à l’internement et à l’isolement de patients en proie à la folie humaine.

Or, depuis une dizaine d'années, les hôpitaux psychiatriques ne recourent plus aux contentions mécaniques, évitent la contention médicale et recourent à des traitements psychiatriques dispensés à l'extérieur des unités.

La psychiatrie ambulatoire ou la psycho-éducation donnent par exemple la possibilité à un patient d'anticiper ses moments de crises pour lui permettre de les gérer autrement que par un internement. Ce genre de démarches font leur preuve puisque d'après les chiffres, sur 8000 malades déclarés schizophrènes dans le canton de Vaud, seules 80 personnes environ sont hébergées sur le site de Cery.

 

Alors pourquoi l'hôpital psychiatrique continue à nous faire peur? Concrètement, de quoi est fait l’internement aujourd’hui, quels sont ses objectifs curatifs et ses limites? Qu’en est-il des droits du patient et de son ressenti?

 

Pour mieux comprendre le monde de soins psychiatriques, Florence Grivel a passé du temps dans deux unités psychiatriques du canton de Vaud.

 

A la Fondation de Nant d'abord où, aux côtés du chef infirmier Julien Saudan, elle assiste à une journée ordinaire de travail, puis au Centre de psychiatrie Nord Vaudois en compagnie de Vincent Schneebeli, chef des soins infirmiers, et du Docteur Serge Didisheim, responsable de la Psychiatrie Adulte et Unité Urgences, là où se dévoile l’univers de la chambre de soins intensifs (CSI). Une chambre ultra-sécurisée et ultra-surveillée, fermée à clef, dans laquelle on isole des malades en moment de crise aiguë, quand ces patients deviennent un danger pour eux et pour les autres.

 

Entre ces deux moments de reportage au cœur de la folie humaine, le témoignage de Krzysztof Skuza, sociologue, professeur HES-S2 à HESAV, celui du directeur de soins infirmiers à la Fondation de Nant Raymond Panchaud et celui de Madeleine Pont, fondatrice du GRAAP(Groupe Romand d'accueil et d'action psychiatrique) à Lausanne.

 

Le témoignage troublant de Jean-Pierre Chèvre enfin, bipolaire, dont le dernier séjour en chambre de soins intensifs date de 2007. Il raconte, avec son épouse Agnès, pourquoi ils ont très mal vécu cet internement. 

 

Un reportage de Florence Grivel, réalisé par Carmen Algarrada et présenté par Marc Giouse.

 

Source: rsr.ch

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