HESAV

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Nov 26, 2018

Le CAS en pratique de l'endoscopie a débuté

La 5ème édition du CAS en Pratique de l’endoscopie, en partenariat avec le CHUV, a débuté en septembre, avec une équipe extrêmement dynamique. De telles formations, qui rencontrent une bonne fréquentation, répondent à un besoin : les techniques endoscopiques, en plein essor, permettent aujourd’hui non seulement de poser un diagnostic mais aussi de plus en plus souvent d’effectuer un traitement, et ainsi d’éviter une intervention chirurgicale. Ratifié par la HES-SO, le cursus permet l’obtention d’un Certificate of Advanced Studies (CAS) HES-SO en Pratique de l’endoscopie.

A quelques semaines du début, découvrez les points de vue croisés de Dominique Castelli, doyenne de la Formation continue et postgrade à HESAV, D’Hélène Emo, participante et infirmière en endoscopie au CHUV et de Joëlle Labourot, infirmière répondante du secteur de la gastroentérologie, Centre d’endoscopie du CHUV.

Dominique Castelli, doyenne de la Formation continue et postgrade

A quel type de professionnel.le.s s’adresse cette formation ?

La formation est destinée aux infirmier.ère.s travaillant en endoscopie qui souhaitent acquérir et approfondir des connaissances et compétences spécifiques, consolider leur pratique et augmenter leurs possibilités de mobilisation et de transfert des compétences.

Quels en sont les objectifs et quelles compétences sont travaillées ?

Cette formation vise à développer la pratique endoscopique et la prise en charge des patient.e.s qui doivent subir un examen endoscopique. L’accent est porté sur certains éléments clés de l’environnement (humain, technique et méthodologique), du contexte de déroulement des endoscopies, de la préparation de l'examen jusqu'au reconditionnement de l'endoscope, en passant par la sédation des patient.e.s.

Trois compétences propres à ce champ d’intervention sont développées : 

  • Compétence 1 : Planifier, organiser et réaliser les gestes endoscopiques courants dans le respect des critères et compte tenu des conditions et du contexte spécifiques.
  • Compétence 2 : Etablir une relation respectueuse et empathique avec les patient.e.s et communiquer avec efficacité et professionnalisme au sein d’une équipe pluridisciplinaire.
  • Compétence 3 : Assurer la conformité et « l’opérationnalité » de l’environnement endoscopique en utilisant à bon escient les DMx (Dispositifs Médicaux) à disposition et en identifiant les risques de l’examen endoscopique pour les patient.e.s et les collaborateurs.trices.

Pourquoi est-il important pour les professionnel.le.s de santé en poste de continuer à se former ?

Pour rappel, exercer en endoscopie ne figure pas dans un programme de base. L’essentiel de la compétence dans ce domaine s’acquiert sur le terrain dans le lieu de pratique professionnelle. Or, le milieu de l’endoscopie est par excellence un environnement dans lequel il n’est pas possible de se satisfaire uniquement d’un apprentissage et du développement de savoir-faire basés sur la reproduction de gestes et d’attitudes. Le niveau d’exigence de l’exercice professionnel est très élevé et combine un haut degré de capacités réflexives et interventionnelles.

Hélène Emo, infirmière en endoscopie au CHUV et participante au CAS

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Pourquoi avez-vous choisi de vous inscrire à ce CAS ?

Cela fait déjà 2 ans et demi que je travaille en endoscopie. Cette formation nous est proposée et j’avais envie d’approfondir mes connaissances dans le domaine. C’est tout de même une spécialité que nous n’apprenons pas dans les programmes à l’école : en arrivant dans le service, nous sommes formé.s. « sur le tas » dans le service, et faisons le tour des spécialités avec, à chaque fois, un.e référent.e. Il y a une période d’introduction où nous ne sommes pas autonomes.

Qu’est-ce qu’il apportera à votre pratique, votre carrière ?

Après des années de pratique, j’attends du CAS de recevoir plus de bases théoriques. Je voudrais mieux comprendre le pourquoi et le comment des examens et pouvoir par la suite expliquer et former mes collègues nouvellement arrivé.e.s. 

La formation est aujourd’hui entamée : quelles sont vos premières impressions ? Répond-elle à vos attentes ?

C’est encore tôt puisque nous n’avons eu que deux sessions mais, pour le moment, ça répond à mes attentes. Il y a une bonne ambiance de groupe, c’est sympa.

Ce que j’ai découvert en commençant, ce sont les échanges entre participant.e.s. C’est enrichissant de découvrir comment chacun travaille de son côté car nous venons d’institutions différentes. Les méthodes et le matériel divergent et cela soulève plein de questions durant les cours. On apprend beaucoup.

Suivre et réussir une formation postgrade alors qu’on travaille représente un défi. Comment vous organisez-vous ?

Il y a un investissement personnel, car il y a trois modules validés par trois types de travaux à fournir : un travail écrit, un oral de 20 minutes à préparer et un examen écrit. J’ai la chance d’être à 90 % et de n’avoir pas d’enfants, donc j’arrive à m’organiser. De plus, j’ai le soutien de mon institution, puisque les heures de cours sont intégrées dans mon planning !

Cette formation est encore toute jeune, mais je me réjouis que l’endoscopie devienne un jour une vraie spécialisation infirmière.

Joëlle Labourot, infirmière répondante du secteur de la gastroentérologie, Centre d’endoscopie du CHUV, et responsable pédagogique du CAS pour HESAV.

Le CHUV s’est beaucoup investi dans cette formation postgrade, avez-vous un grand besoin de personnel spécifiquement formé en endoscopie ?

Effectivement le CHUV envoie beaucoup de participant.e.s pour ce CAS en Pratique de l'endoscopie. Il y en a quatre pour cette session. Cela s'explique entre autres par le fait que nous sommes partenaires avec HESAV dans cette formation. 

L'endoscopie est en constante évolution et l'apparition de nouvelles techniques est très fréquente. Par ailleurs les examens deviennent de plus en plus complexes tant au niveau de la prise en charge des patient.e.s que de l'instrumentation. Tous ces changements impliquent la nécessité d'avoir du personnel formé dans plusieurs domaines spécifiques comme l'instrumentation, la stérilisation mais aussi l'hygiène et la communication.

Ces savoirs spécifiques permettent au personnel formé de se positionner et de s'affirmer vis à vis de leurs pair.e.s et des médecins. Nous avons aussi pu constater depuis plusieurs années que le regard des autres professionnel.e.s envers lui a changé. Le personnel formé est davantage écouté, entendu et reconnu. De plus, les soins aux patient.e.s sont devenus plus efficients, sécuritaires et de meilleure qualité. Les nouveaux savoirs de ces personnes permettent d'apporter une dynamique à l'équipe qui reste elle aussi en perpétuelle évolution.